mercredi 10 janvier 2018

Wouahh, la Mongolie...

Nous savions que ce serait un moment difficile de notre voyage, cela ira au delà de toute nos craintes..! 

Après 36 heures de bus sur les pistes des Monts Altaï, sur le parking du terminal de bus d’Ulgii, avant de remonter sur nos vélos, nous les remontons avec entre deux un petit remontant... Ceci sous l’œil amusé de quelques passagers restés nous observer ...!
Vous venez de France? En montrant notre drapeau.
Et vous allez?
Oulan Bator..
En bus? En nous montrant les horaires hebdomadaires des bus qui traversent la steppe. 
Non à vélo... les yeux s'écarquillent, ils sont septiques, certains dodelinent de la tête...

Nous trouvons un petit hôtel à prix raisonnable au centre ville. Ulgii, 5ème ville de Mongolie avec ses 30500 habitants, 3 rues principales et un gros marché journalier! 
Petits repérages pour trouver le bureau de l'immigration où nous devons faire nos demandes d'extension de visa avant de partir au Nord-Est vers les grands lacs...

Nous avons pris froid dans le train entre Almaty à Astana, et avec les grandes différences de température et d'hygrométrie ça ne s'arrange pas. Nous consultons un médecin qui nous fera une ordonnance sur un postit...
Après 3 jours de repos forcé, nos vélos surchargés de 10 litres d'eau et de quelques kilos de nourriture pour les jours à venir, nous prenons la piste suivant la trace GPS faite avec précision par Richard...
Dès la sortie d'Ulgii, nous entrons dans le vif du sujet: la piste de petits cailloux qui se déroule devant nous grimpe bien et notre horizon est une montagne pelée. Par 40°C, chaleur très sèche à laquelle il va falloir s'habituer, nous ferons comme les bédouins, et les poses seront fréquentes!


45°C 


Tantôt sur des petits cailloux tel des roulement à billes, parfois sur du sable, ou pire, de la tôle ondulée, nous avons toutes les peines du monde à faire 30km par jour, et nous ne comptons plus les nombreuses chutes. Nous finissons nos journées éreintés comme jamais.


Une parmi tant d'autres


Heureusement les paysages de steppe sont magnifiques, très changeants, et souvent rien pour arrêter le regard si ce n'est les hordes de chevaux et les troupeaux de moutons. 
Difficile d'évaluer une distance... mais dans cet espace désertique à perte de vue, quand nous posons le bivouac, un 1/4 d'heure suffit pour que nous entendions arriver, sorti de nul part, un cheval au galop guidé par un cavalier hors pair... 
Surprise d'une visite toujours courtoise et chaleureuse malgré la barrière de la langue, et toujours les mêmes questions:
D'où venez vous?
Où allez vous?
En premier, il passe nos vélos en revu, cherchant le moteur... il suffit d'un claquement de main sur la cuisse, d’un petit sourire ... et en réponse nous avons un hochement de tête typiquement mongole que nous interprétons "c'est pas possible... vous êtes malades". 
Puis il inspecte notre "yourte" d'un air dubitatif, s'assure que nous avons de l'eau, et de quoi manger. Il s'assoit sur ses talons et nous observeAvant de nous quitter nous montre la direction de sa yourte en cas de problèmePuis repart comme il est arrivé.


Visite de notre voisin


La steppe est hostile, les mongoles, peuple nomade, en connaissent les aléas et sont tout content de pouvoir rendre service...

Dans les villages les adultes comme les enfants nous réservent toujours un accueil particulièrement sympathiqueEt à Umnugovi nous assistons à la préparation de la fête des écoles.  
Au plein coeur de la Mongolie, des paysages et des animaux superbes, une route qui comme sur la carte est en pointillésun peu d'asphalte, beaucoup de champ de mines... et toujours la poussière, le sable, la tôle ondulée, nous avançons lentement!!!...

Depuis plusieurs jours nos corps n'ont pas vu l'eau. Dans les villages, il n'y a pas d'eau courante, souvent à l'entrée des hôtels on trouve un petit lavabo au dessus duquel la réserve d'eau de 2 litres sert pour la toilette de tout le monde...!

Certains villages plus grands sont équipés de douches publiques chaudes et payantes... Ça fait du bien!!!
Le long des pistes nous avons des lacs salés, des abreuvoirs pour les bêtes, pas de puits, pas de rivière car à cette époque tout est sec... Nous traînons donc quelques litres d'eau en réserve sur nos vélos...
Dans les petits hôtelsnous trouvons parfois des lits, des tapis au sol, ou une estrade sur laquelle il y a un énorme tapis, mais pas de drap. Ici les gens dorment tout habillés. Nous nous adaptons

Les Mongoles nous offrent régulièrement des bonbons “knur” que nous appelons des "pasbonpasbon", friandise faite à base de lait de jument fermenté, très salée qu'ils mettent à sécher au soleil: couleur caramel, gras comme du savon noir, mais c'est toujours offert de bon cœur, et ils sont fiers qu'on accepte leurs cadeaux... cadeaux que nous nous empressons de jeter dès qu'il n'y a plus personne en vue, et qui font le régal des aigles qui nous offre le spectacle...

A Nomrog, nous avons la cerise sur le gâteau: la vodka locale "nirmil vodka"!! Tous contents, ils veulent trinquer avec nous!!! re beurk! C'est de l'alcool de lait de yaks fermenté...
Au menu mongol:  
1er Choix : plat de riz, avec parfois un peu de carottes ou doignons et du mouton bouilli et plus ou moins de sauce (eau de cuisson)... 
2éme Choix : même chose avec des pâtes...
3éme Choix : beignets de mouton bouilli... 
Heureusement quand nous bivouaquons, nous nous faisons des pâtes, ou du riz, ou des lentilles... même sans rien c'est un régal!
Le 15 août, nous franchissons un col à 2600m sous un orage comme on ne peut voir qu’en Mongolie, en quelques minutes nous sommes trempés jusqu'aux os et transits de froid. La piste devient de plus en plus impraticable. Un petit camion de chantier s’arrête à notre hauteur, Tom, notre Saint Bernard local, insiste pour mettre les vélos dans la benneDans la cabine en claquant des dents nous nous changeons, et arrivés chez lui à Tosontserleg nous pouvons nous sécher et nous réchauffer. Nous nous décrassons! Ça coule noir!!! 

C’est la première fois depuis Ulgii que nous avons un paysage de forêts, des résineux couvrent la montagne, et les enfants vendent des myrtilles sur le bord de la piste.

Le lendemain, le temps est plus clément, nous repartons, en longeant la rivière... mais dès le milieu de la journée, Bernadette est très malade: gastro-entérite? Les 15 derniers km de piste seront un véritable calvaire pour elle, mais nous espérons trouver du Coca cola et un motel à Ikh Uul... Non, rien, pas de motel... mais vu la tête de Bernadette, on nous propose une chambre chez l’habitant, nous y restons 3 jours, le temps que Bernadette récupère.

Sur la montagne pelée un mémorial rappelle la rudesse de l’hiver 1997 durant lequel 30000 bêtes sont mortes, ruinant un grand nombre de nomades.
Nous sommes à 150km de Kharkhorum, ça monte et descend sur cet immense plateau situé à plus de 2000m d'altitude, encore beaucoup de yourtes et de gros troupeaux qui migrent vers les villes... l’hiver arrive déjà, nous avons eu nos premiers flocons de neige hier. Dorénavant, il nous faut impérativement monter le bivouac avant que le soleil n’aie quitté l’horizon car la température chute très rapidement, en quelques minutes nous perdons 20 °C!

Il nous reste encore un col à franchir! Et cette fois c’est Richard qui est malade! Heureusement bien moins que Bernadette, il lui suffit d’une journée de repos et deux jours où il n’avalera que du thé pour se remettre sur pieds!


Bobo au ventre


A Tariat, après une nuit dans un petit hôtel, nos vélos sur le parking attirent la curiosité. Un groupe se forme, une personne décide de faire une offrande à Bouddha pour nous protéger et nous accueillir en terre Mongole, nous participons au rituel: un bol de lait passe de mains en mains, et le lait est jeté sur la terre, s’ensuit des accolades et des embrassades... dorénavant nous sommes protégés!

Quelques kilomètres plus loin nous sommes sur les bords des gorges de Tariat, faille dans le plateau où coule 70m plus bas la rivière Chuluut.  

Toujours cap à l’Est, le col est à 3km mais encore 280m de dénivelé, nous poussons nos vélos sur la piste sous le soleil et dans la poussière, Manon et Jaime ne sont plus très loin derrière nous... et à la passe les retrouvailles! Nous descendons tous les 4 vers Tserserleg pour fêter cela au restaurant et nous bivouaquons autour d’un grand feu de camp à Tsenkher, près de la rivière.

A Kharkhorum, nous sommes accueillis par une petite famille mongole. Dans le jardin ils ont conservé leur yourte qu’ils nous proposent. La nuit est très fraîche.
Visite du Monastère d’Erdene Zuu, monastère bouddhiste construit en 1585 quand le Bouddhisme tibétain était religion d’état en Mongolie. L’ensemble de ces 3 temples sont les seuls temples sédentaires de la Mongolie. Les autres lieux de culte situés dans des yourtes suivaient les déplacements nomades. Au XIXème siècle, un mur d’enceinte de 108 stupas fut construit pour le protéger.

Nous prenons une belle route vers Oulan Bator, le soleil et les nuages dessinent des ombres sur la steppe verte. A l’écart de la route nous apercevons un camion aménagé, Bernard et Jean Pierre, 2 bretons bloqués là depuis 7 jours attendent une pièce pour réparer. Nous passons la soirée ensemble: bordeaux, fromage, saucisson... Heureusement Richard avait monter la tente avant....

Nous pédalons encore 2 jours dans la steppe, et dimanche 3 septembre, nous arrivons enfin mais sous la pluie à Oulan Bator, direction la crêperie “Le Triskel” recommandée par Bernard et Jean Pierre, où nous frôlerons l’indigestion.

En fin d’après-midi, nous rejoignons la guest-house où nous resterons 2 semaines, le temps nécessaire pour trouver un plan “B” après le refus de nos visas chinois... Nous y ferons de belles rencontres avant de nous envoler vers la Corée du Sud!! 


mardi 12 décembre 2017

Nous revoilà au Kazakhstan!

Nous revoilà au Kazakhstan! Le pays des selffies!
La frontière juste passée, nous sommes accueillis par une petite famille qui nous laisse une de leur cabane pour la nuit, nous dormirons sous l’auvent confortablement installés...



Nous étions attendus à l’école française de Chymkent, pour une conversation avec les étudiants... mais voilà qu’une jeune équipe de journalistes de TV Astana nous ont surpris, Vladimir nous avait prévenus :”La steppe a de grandes oreilles”...
Après trois passages sur les écrans TV, très vite nous sommes devenus des Stars! Plus question de passer inaperçus sur les routes. C’est avec plaisir que les Kazakhs nous arrêtent, toujours généreux et conviviaux, on ne se quitte pas sans le selffie souvenir...
Après notre passage au Kirghizistan, nous revenons incognito vers Almaty. Entre steppe et montagnes pelées, sous la chaleur sèche et sans eau, les distances sont longues entre deux villages. On y trouve très peu de ravitaillement hormis le lait de jument fermenté et les bonbons “nour” très appréciés ici...
Sans le savoir, nous bivouaquerons sur la propriété du président kazakh, près de sa maison natale à Ushkonyr, face aux trois montagnes que nous appellerons “montagnes de Shrek”.


La maison du président Nazarbaïev

Les montagnes de Shrek

Notre sac de voyage confié à Sérik à Actau est récupéré auprès du chef de train à la gare d’Almaty le 6 juillet. Notre sac, Simone et son vélo chrysalide s’envoleront le 9 juillet d’Almaty.


La chrysalide

Deux mois de pédalage dans les pays en “stan”, et beaucoup de belles rencontres... dont Yeldos qui fut notre St Bernard à Almaty, nous consacrant 2 après-midis pour trouver de quoi réparer les casses mécaniques, et nous aider à trouver un plan “B” pour rejoindre la Mongolie!
Nous passons le 14 juillet à Almaty avec Marie-Anne.
Après un retour express à la frontière Kirghiste (20 minutes, histoire de remettre les compteurs de nos passeports à zéro) nous continuons vers Astana en train de nuit dans la cabine du chef de train...
Nous profitons pour visiter l’EXPO 2017 sur les énergies du futur. Nous y retrouverons nos amis de voyage: Manon et Jaime, avec qui nous rassemblons nos énergies pour trouver comment rejoindre Ulgi.


Manon et Jaime 

Astana, capitale construite sur un marécage, oasis au milieu d’un désert très hostile, est très surprenante. Nous y savourons l’accueil et l’aide de Francis l’Ambassadeur de France et d’Edouard qui nous ont hébergés.
Nos visas de transit russe obtenus, nous quittons Astana en bus par la ligne régulière locale, pour un passage éclair en Russie: 36heures de bus sur les routes et les pistes des monts Altaï. Trajet mémorable où, entre les arrêts sanitaires dans des vespasiennes “russe-tiques”, les repas partagés dans le bus, nous avons un peu de mal à trouver le sommeil. Et, nous devons rester vigilants: lors d’un passage un peu plus chaotique, Richard assoupi un instant fut éjecté de son siège et se retrouva assis dans l’allée... ce qui a fait rire tout le bus!



Bus entre Astana et Ulgï

A chaque frontières, nos co-voyageurs font la chaîne pour nous aider à monter ou descendre tous nos bagages, surpris que nous puissions en mettre autant sur nos vélos! 
Que de bons moments!!
                                           
                             
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samedi 23 septembre 2017

Kirghizistan

Un passage court mais intense !

Dès le poste frontière le ton est donné, sourire et plaisanterie du douanier : 
- We are King Richard ?
- Yes ! It’s me ! Diplomatic passport !… 
suivi d’un sursaut, d’une vérification immédiate et d’un bel éclat de rire.

Décontractés, nous prenons la route qui longe la rivière Talas vers la réserve d’eau et 
découvrons un grand barrage hydroélectrique construit sous Lénine. Son portrait taillé sur 
le flan de la montagne se dessine au loin et fait face à une grande fresque sculptée sur le 
bord de la route de l’autre côté du barrage. 

Un camping sur ce plan d’eau est le bienvenu pour notre première nuit au Kirghizistan.

Nous roulerons pendant 2 jours avant de trouver un petit village pour le ravitaillement. 
A Tallas nous avons repéré une guesthouse, et on se laisse aller à rêver d’une douche 
chaude. Erreur..! Nous arrivons chez des particuliers surpris, mais ils se mettent en quatre 
pour nous trouver un lieu où dormir...  se sera sans douche... Le lendemain ils restent à 
notre disposition pour nous accompagner au bazar afin de trouver un drapeau Kirghiste…
Sur leurs conseils nous irons visiter le site de Manas, son musée de l’histoire de cette 
région, et la ronde des statues…

Puis nous prenons la route des cols… Les paysages de montagne, les hordes de chevaux,
les troupeaux de moutons, et les yourtes deviennent notre décor. Nous sommes surpris 
de l’accueil qui nous est réservé par des habitants fiers de leur mode de vie nomade qu’ils 
aiment faire découvrir.
Le 21 juin, l’orage menace, à 2600m d’altitude, difficile de trouver un coin pour poser les 
tentes. Près d’une yourte, des enfants jouent et nous font signe de venir… en quelques 
instants, malgré le barrage de la langue, nous nous trouvons invités à passer la soirée avec 
toute la famille : nous partageons le repas, participons à la traite des juments, et 
dormirons au chaud, à l’abri du froid et de l’orage dans leur yourte… 
                            Bon anniversaire Bernadette ! Au revoir les amis !





Nous franchirons les 700m de dénivelé positif vers le premier col lentement, tantôt sur 
nos machines tantôt les poussant, admirant les sommets enneigés aux alentours. 
La passe de Otmok franchie!! Nous descendons peu, quelques kilomètres avant le 
deuxième col, le bivouac juste posé, nous essuyons un gros orage.
Sur les réseaux sociaux circule une mise en garde pour le deuxième col : 
«route dangereuse et très difficile», pour cause : 900M de dénivelé positif sur 9Km.. ! avec 
un tunnel de 2,5Km qui est interdit aux piétons et cyclistes… car n’étant pas ventilé il y a 
un très gros risque d’asphyxie. En Asie centrale on ne laisse jamais une personne très 
longtemps sur le bord de la route. Nous décidons donc de faire de l’autostop; nous 
n’attendrons même pas 15 minutes avant qu’un camion rempli de pommes de terre nous 
embarque. Durant l’ascension nos regards se croisent souvent… «Heureusement que nous 
sommes dans ce camion qui a bien du mal à passer la deuxième vitesse ! »  





A la sortie du tunnel, nous retrouvons nos vélos… et entamons une belle descente (digne 
d’un circuit de voiture pour enfant) qui longe le torrent sur 80Km à travers un désert de 
pierres roses et vertes.

Dans la montagne Kirghiste, pas une journée sans une invitation à boire le thé, ou à 
partager un moment de convivialité… pur bonheur ! 

Nous arrivons à Bichkek comblés et sous le charme, bien frustrés de n’avoir pas pu 
échanger davantage avec les Kirghistes si accueillants…



  
                                                               

samedi 29 juillet 2017

L’ Ouzbékistan… un pays en « stan » !


 
A Beyneu, les douaniers nous accompagnent comme une délégation ministérielle pour monter notre caravane en toute « sécurité » dans le train qui nous conduira à Urganch… installés dans un boxe couchette ouvert, l’ambiance est bon enfant : les marchands nous réveillent en nous présentant leurs poissons fumés à 10cm du nez, d’autres nous chatouillent les pieds nous proposant « change » ou boissons, chacun assurant son busines une grande partie de la nuit. Ce qui nous ravit… Les contrôleurs décontractés viennent plaisanter dans chaque loge, et une ½ heure avant l’arrivée nous réveillent en douceur, nous mimant ce que nous devons faire… A l’extérieur, les paysages de la steppe inhospitalière défilent…  en début de soirée nous arrivons à Urganch !!
Direction l’Oasis de Khiva, nous traversons des cultures de riz et de coton irriguées par un labyrinthe de petits canaux sur plusieurs kilomètres, à la recherche d’un bivouac.
Cachée derrière sa muraille Itchan-Kala, est majestueuse, dans un dédale de ruelles plusieurs mosquées et grandes médersas devenues musées ou hôtels restaurants, et minarets, tous finement décorés de majoliques. Nous découvrons au Nord son puits précieux pour les nomades d’autrefois, mais aussi et surtout ses habitants souriants et accueillants !
 
 

Le désert entre Khiva et Navoï nous le ferons (aussi) en train de nuit, quand on aime on ne compte pas… Nous voyageons aussi parfois à vélos ! Nous reprendrons nos montures pour continuer sur les petites routes, où nous sommes souvent arrêtés pour des selfies, on nous offre des galettes, de l’eau, du pain, l’hospitalité… des sourires et des encouragements…

Nous découvrons l’authentique Boukhara, avec ses ruelles sinueuses se faufilant entre les maisons pour arriver au milieu de bâtiments grandioses : ensemble de Médersas, de vieilles mosquées et de coupoles marchandes avec jardins, plans d’eau… et la citadelle Arc. Surprenant !

Encore quelques jours, et nous voici à Samarkand qui brille sous le soleil : depuis la place du Réghistan et ses Médersas, la mosquée Bibi-Khanoum, le mausolée Guri-Emir et l’ensemble des 11 mausolées Chaki-Zinda, à l’observatoire d’Ulug-Bek !

Nous découvrons un monde inconnu qui nous surprend tant sur le plan architectural qu’humain !

Nous continuerons notre route vers Tachkent, où nous ferons une petite pause…

 Nous bivouaquons comme des marchands sogdiens  : parfois, dans une rizière sous une tonnelle d’ouvriers… dans le coin détente d’un fermier où toute la famille viendra s’assurer que nous avons de quoi manger et où nous installerons notre lit dans l’auge en torchis servant à la récolte des abricots sous un ciel étoilé, … au milieu des troupeaux de moutons ou de vaches, sous la surveillance des bergers… sur des « topchans »… toujours accueillis avec gentillesse… les nuits sont parfois courtes !

Nous pédalons en short et tee-shirt ! Sous 45°C ! Et quand le soleil est au zénith, nous nous réfugions à l’ombre pour une sieste…
Quel plaisir d’avoir pu découvrir ce pays authentique loin des idées préconçues … !


 
 
 

                                    

 

samedi 17 juin 2017

Le Kazakhstan… pays des mirages


 

30h de « croisière » sur le Mercuri -1, nous accostons le 29 Avril 17 à 23H à Aktau… les contrôles douaniers se suivent et nous voilà enfin dans la ville, direction le petit hôtel situé à 15km… une formalité !
 Créée en 1961, la ville de “Shevchenko “ du nom du Poète est gagnée sur le désert, elle deviendra Aktau « montagne blanche » en 1994… Nous allons devoir nous acclimater au vent sec, au sable chaud, à la chaleur ambiante, au peu de végétation… nouveau pays, nouveau paysage… et nouvelles rencontres !

Simone nous rejoint pour faire Aktau Almaty, nous allons la chercher en taxi à l’aéroport le 2 mai en fin de soirée. Après des retrouvailles chaleureuses, tout le petit monde, et le matériel trouvent sa place à la manière Tétrix dans le Renault Sandéro… la nuit sera courte !

Remontage du vélo de Simone, découverte de nos vêtements offerts par Décathlon Morlaix, sacoches refaites, vêtements d’hiver mis en cartons, nous voilà prêts pour le jeu de piste qui nous mènera au bureau de l’immigration où nous croyons devoir nous enregistrer. Là, nous y ferons une belle rencontre : Sérik ! Encore un ange gardien ! Devant se rendre à Almaty, il nous propose de déposer le colis et le sac de transport du vélo de Simone à l’Institut Sorbonne d’Almaty. Le tout repartira avec elle en France.
 
 
Merci Serik !
                      
 

Nous quittons Aktau vers l’Est et très vite l’horizon se dessine à perte de vue… la route est une longue ligne droite plate à l’infini. A l’horizon, de l’eau? Notre premier mirage !

Nous traversons notre premier désert, 500Km. Une semaine par des températures avoisinant les 40° avec un vent chaud du sud à 30Km/h soufflant en rafale à 40, parfois notre ami… ! Notre première expérience dans la steppe est concluante et rassurante pour la suite de notre voyage. À notre grande surprise nous y faisons de belles rencontres, nous ne comptons plus les voitures, camions qui s’arrêtent pour nous proposer leur aide, nous donnent systématiquement une bouteille d’eau, et cela finit toujours pareil : les Casaques adorent les selfies, on se prête au jeu, parfois on a l’impression d’être des stars….  Nous pourrions croire qu’il n’y a rien à voir dans un désert et pourtant pour les Européens que nous sommes, c’est magnifique..!  Parfois le matin nous avons la chance d’être réveillés par le blatère des Dromadaires, ou par le galop des chevaux, petit déjeuner magique… !
 
petit déjeuner magique
 

Et voilà Beyneu où nous avons rendez-vous avec le train pour Urgansh en Ouzbékistan ! Eh oui, il en est fini de l’insouciance de l’espace Schengen, nous devons respecter la durée de nos visas. Sur le quai, toute la douane est mobilisée pour nous aider à monter notre caravane dans le train de nuit…

 
En toute sécurité!
                                 

   
                    
                  

mardi 2 mai 2017

Merci Baku


Bien installés dans notre couchette en première classe, SVP, nous franchissons la frontière vers 19heures. Ce train s’arrêtera dans toutes les gares même quand il n’y en a pas, et malgré tout nous dormirons comme des bébés … au petit matin nous approchons de Baku !

Départ de la gare de Tbilisi
 
Au réveil nous découvrons un désert plutôt plat, où seuls les derricks et les wagons de pétrole animent le paysage. Et enfin la belle gare toute neuve de Baku… pas de train en attente… pas de passager non plus… un autre désert.
Le temps de rééquiper Joli Jumper et Tornado, et nous voilà partis vers notre auberge située dans le vieux Baku ! Facile à trouver avait dit Richard !... mais c’était sans compter que Baku attend son grand prix de Formule 1 et donc toutes les rues du circuit sont barricadées par des blocs de béton, et partout des travaux pour souhaiter la bienvenue aux bolides… … en gros, c’est le bazar !!!  Une fois franchi ce labyrinthe, une dernière épreuve nous attend : nous sommes face à une forteresse médiévale, très bien entretenue, avec une enceinte impénétrable, des petites ruelles, et un dédale d’escaliers. Après avoir tournicoté un peu moins de 2h dans l’enceinte, ouf ! Nous avons enfin trouvé notre auberge au 2ème étage sans ascenseur… pffff … Normalement, plus on monte plus on s’approche du paradis, à l’accueil : personne, et porte close. Nouveau défis : trouver Saint Pierre. Une heure plus tard, « l’ange du sourire » arrive, rien à redire c’est exigüe mais nickel, nous passons au purgatoire : chaussures sur le palier et chaussons blancs obligatoire, elle épie nos faits et gestes, nous suit et essuie derrière nous jusqu’aux toilettes… Nous résisterons 3 jours, avant de migrer…
Dès le lendemain, nous attaquons par les demandes de visas pour l’Ouzbékistan. Commence alors le jeu de piste dans les travaux, les rues sans nom, les buildings sans numéro et les adresses approximatives… Nous quittons les circuits touristiques de la ville, prenons un bus de quartier, et bien aidés par les habitants, 3 h plus tard nous trouvons l’ambassade d’Ouzbékistan. Nous pensons bien obtenir nos visas en quelques heures car nous avons fait les prés enregistrements sur le site internet de l’ambassade … Et non, il faut attendre ! Nous serons prévenus par émail dans la semaine, le délai est de 7 à 10 jours.
Durant cette semaine, invités par Philippe Cirot directeur du Lycée français nous rencontrons les élèves de sixième et ceux de CP/CE1, puis conviés par Gervaise à l’Institut Français nous animons une conversation avec des azéris qui étudient le français… Ça tombe bien, ce sont les semaines de la Francophonie !!!  Au gala de clôture, nous y rencontrons Madame l’Ambassadrice de France. Nous suivrons les élections depuis le bureau de vote à l’Institut.
 
Dépouillement à l'institut Français

Le lundi retour à l’ambassade d’Ouzbékistan (à 6km sur la colline), nos visas sont au même stade… nous devons nous acquitter de la taxe en dollars directement à la banque nationale d’Azerbaïdjan (au centre de la ville) et revenir avec les acquis… chose faite, nous obtenons nos visas dans l’après-midi…
Le lendemain, 10 jours déjà que nous sommes en Azerbaïdjan, il faut s’inscrire auprès des autorités en Azerbaïdjan… le site internet ne répond pas… nous demandons l’aide de Monsieur le Consule qui le fera pour nous. Merci Antoine!
Nouveau challenge : trouver le guichet qui vend les billets pour Aktau, le port et le ferry… la chasse au trésor est lancée ! La météo est très mauvaise, les ferrys restent à quai plusieurs jours… là encore le site internet n’est pas mis à jour, et au guichet l’information change d’une heure à l’autre… Très difficile de savoir si le ferry part du vieux port de Baku, situé 8km au nord, ou du nouveau : Alat situé à 70km au sud. Pour nous çà fait la différence : 2 jours de vélo ! Les billets ne sont vendus que quand le ferry arrive au port, soit environ 10h avant qu’il ne reparte. Par chance, le personnel comprend notre problème et nous trouve une place sur le « MERCURI-1 », ferry cargo qui ne prend que des camions et qui part du vieux port de Baku le 29 avril vers 18h… Ouf !!! Nous partons pour le Kazakhstan !
Au final de l’Azerbaïdjan nous avons vu Baku et le train de nuit qu’heureusement nous avons pris !
 
Mercuri-1 année 1956 dans son jus..!
 
c'est moi le capitaine
 
 
                                

lundi 1 mai 2017

La Géorgie, quel accueil !




Traversée de la Mer Noire de Burgas à Batoumi sur un ferry de fret, qui ne lève l’ancre qu’une fois complet ..! Ici pas de touriste, mais une population de routiers russes, rustres plutôt étonnés de notre présence. Comme nous partageons le même pont et la même cantine, la glace fond rapidement. On étale notre mappemonde, d’où on vient, où on va… et toujours la même réflexion : « you are crazy », et c’est à qui mieux mieux nous propose des itinéraires avec de belles routes avec de beaux paysages…
 
Face à la Mer Noire

Nous quittons le bateau avec des adresses, et des numéros de téléphones en Géorgie… merci à Nikolos géorgien qui nous a beaucoup émus en nous racontant que sa migration en France a été pour lui une véritable renaissance.

Batoumi est un petit port, le ferry est gros : 2 heures pour accoster plus 1 heure avec la douane… Nous voici sur la terre ferme, à la recherche d’un bureau de change pour avoir des Laris… 200m a peine, même pas 5 minutes que nous roulons en Géorgie, nous sommes arrêtés par un jeune homme, heureux de voir des français, à vélo, et après ½ heure de discussion il nous chante à capella une chanson de Charles Aznavour… Bienvenue en GEORGIE !
Dès les premiers kilomètres le ton est donné, entre klaxons, et saluts, quel accueil ! Il nous faudrait 3 mains : 2 pour tenir le guidon, et une pour leur répondre … !  On nous offre souvent un café… Dans les villages comme dans les villes c’est le même accueil. Bien qu’avertis précédemment dans les autres pays, nous sommes agréablement surpris par cette hospitalité.

1er Tchatchat
 
Côté paysage nous sommes tout aussi gâtés : la campagne est magnifique et à l’horizon les montagnes. Des petites routes où il fait bon rouler, et toujours en toute sécurité, accompagnés de vaches et de cochons qui paissent et nettoient les bas-côtés…

 
 
 

Petit ravitaillement avant de quitter Ozurgeti, c’est jour de marché, des regards interrogateurs, amusés, les plus curieux s’approchent et nous interrogent suivis bientôt des plus timides et nous voilà entourés de plus d’une vingtaine de personnes. Les questions fusent (probablement toujours les mêmes), on ne comprend rien… Heureusement, Ann-Maria arrive à notre rescousse, et nous sert d’interprète, les questions arrivaient à la volée, chacun parlant plus fort que son voisin, dans cette quin aphonie difficile de traduire, au vu de son sourire timide et de ses joues rougissantes elle n’a pas osé tout nous traduire… situation qui nous a fortement amusés ! Nous réussissons enfin à repartir et on se dit « la journée commence fort ! »… 


Quel accueil..!


Effectivement la journée fut longue et vallonnée… 70km plus loin, après mainte recherches pour trouver un lieu de bivouac, nous décidons de poser la tente à l’entrée de Dablagomi, Richard dit « dans 5minutes tous les gamins du village vont rappliquer ! »  Affairés à installer notre chez nous, une vieille dame accompagnée d’un petit garçon arrivent nous souhaiter la bienvenue, faisant une accolade à Bernadette comme si c’était des retrouvailles. La nouvelle se repend dans le village comme une traînée de poudre et nous voilà cernés par une dizaine d’enfants, s’essayant à parler anglais, d’une rare politesse, et comme pour nous souhaiter la bienvenue nous offrent chants et danse traditionnelle… Quel bonheur !

L’aventure continue jusqu’à Tbilisi, où nous sommes conviés par l’Institut Français à présenter notre voyage à des jeunes adolescents géorgiens qui nous surprennent par leurs questions pertinentes et leur niveau en français.




Institut Français de Tbilisi